ACTU PROJET [Economie circulaire] Quand jardinage rime avec partage

user.username La Région Occitanie, dans Environnement Climat et Agriculture et alimentation, le 14 septembre 2021 0 commentaire

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Photo prise lors de l’’installation d’une grainothèque à Pins-Justaret, les élus découvrent l’application Fruiteefy. Crédit : Manon Mory.

Grâce à la plateforme Fruiteefy, les particuliers écoulent leur surplus de récoltes et s’échangent des graines de variétés anciennes ou rares. De quoi faire la chasse au gaspillage.

En quittant Toulouse pour la campagne, Aurélie et Stéphane savaient que leur quotidien allait être chamboulé mais pas qu’ils allaient s’engager dans une aventure prenante. Dans la nouvelle habitation du couple, se trouve un jardin où prospèrent des arbres fruitiers. « C’est une chance de pouvoir manger sa propre production », reconnaît Aurélie. Un sacré gâchis toutefois lorsque la récolte est abondante et qu’il faut il faut en jeter une quantité importante.

« C’est parfois impossible de tout ramasser. Les cerises par exemple. On en donnait aux amis, aux voisins, mais il y en avait toujours autant. Ça pourrissait sur l’arbre et un tel gaspillage nous attristait », poursuit la trentenaire. C’est là que germe l’idée de mettre en relation les particuliers/jardiniers pour partager les surplus de récoltes. « On a cherché tout d’abord s’il existait une plateforme pour écouler les fruits et légumes des privés. Et comme ce n’était pas le cas, nous l’avons créée ».

Donner, échanger ou vendre à petits prix

Les habitants d’Occitanie votent massivement pour ce projet de production alternative et collaborative présenté sur le site des Budgets participatifs. L’aide accordée permet au couple de développer l’application Fruiteefy, qui connaît immédiatement un beau succès. « Ça a pris par le bouche-à-oreille. Plus de 800 personnes l’ont téléchargée et sont inscrites ». Les particuliers peuvent vendre à petits prix, donner ou échanger leur surplus de culture.

La consommation devient naturellement raisonnable car dépendante des saisons, des aléas de la production. L’anti-gaspillage est la philosophie de cette mise en relation. « Il ne s’agit pas de faire du profit ni de se substituer aux petits producteurs mais de faire profiter de ce qui est en trop dans un jardin, de créer aussi du lien social », explique Aurélie, qui précise : « En France, on jette près de 40 % de la production de fruits et légumes. Ce surplus doit être valorisé ».

Le jardinage, le retour à l’essentiel et à la terre, sont devenus des priorités et des besoins pour les Français. Et ce encore plus depuis que la crise sanitaire et économique liée au Covid-19 s’est installée. « On l’a vu avec le confinement, les gens ont planté des légumes même sur leur balcon. Il y a eu un gros boum au niveau du jardinage, un engouement énorme pour se mettre au vert. Notre projet s’inscrit dans cette dynamique ».

Un fourgon pour vendre le surplus des jardiniers

Le couple s’est rendu compte que des particuliers inscrits proposaient des variétés de fruits et légumes rares ou anciennes. « On ne les trouve pas ou plus dans le commerce. On s’est alors interrogé sur la pertinence de lancer des grainothèques, qui suivent le même principe que l’application, en l’occurrence échanger des semences entre jardiniers ».

Ces grainothèques se présentent sous forme de comptoirs de bibliothèques partagées. Elles sont mises en place dans les commerces, les entreprises ou les établissements publics intéressés. Les graines sont à disposition dans des enveloppes. « Et on en laisse un certain nombre sans contenu pour ceux qui souhaitent en déposer », indique Aurélie. La prochaine étape pour le couple, accompagné dans sa démarche entrepreneuriale par 1Kubator Toulouse, sera l’achat d’un fourgon pour transporter et vendre les surplus de cultures des jardiniers.

www.fruiteefy.fr 

Lauréat en octobre 2019 du budget participatif Economie circulaire en pour un montant de 30 000 €.