ACTU PROJET [Economie circulaire] C’est dans les vieilles barriques que l’on fait les meilleures cabanes

user.username La Région Occitanie, dans Environnement Climat, le 7 mai 2021 0 commentaire

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Justine de Lagausie et Raphaël Martin transforment les anciens tonneaux de vin en nids douillets où les enfants peuvent lire et écouter des formats audios. Du recyclage intelligent loin du monde tout écran.

C’est sa madeleine de Proust. Dès que Justine de Lagausie regarde la vieille cabane de bois qui trône chez elle, elle est projetée quelques années en arrière. Elle revoit le jour où son père l’a offerte à ses enfants, aujourd’hui âgés de 17, 21 et 24 ans. « Ils ne tiennent plus dedans ! ». La cabane, elle, est toujours sur pied, robuste, fabriquée par le papy bricoleur dans une ancienne barrique de vin.

Il ne faut parfois pas chercher très loin pour trouver des idées lumineuses. Cette cabane, dans laquelle ses enfants ont passé tant d’heures à lire et à s’amuser, Justine et son associé Raphaël Martin vont se l’approprier. Penser d’autres modèles, plus fonctionnels et aboutis, dédiés à la lecture. Logique pour le duo qui travaille dans l’édition jeunesse au sein Okidokid, la boîte de création et de conseil qu’il dirige à Labarthe-sur-Lèze en Haute-Garonne.

Deux modèles d’abris, baptisés magic-cocoon, sont élaborés. L’un pour que l’enfant s’installe confortablement pour lire. L’autre équipé d’un système audio pour se laisser bercer par des récits, du conte au documentaire ludique. « On espère que les viticulteurs, qui ne veulent plus de leurs barriques, seront sensibles à notre aventure de recyclage qui fait la promotion de la lecture, loin du monde tout écran », confie Justine.

 

Deux modèles ont été pensés : un pour lire tranquillement, l’autre pour se laisser bercer par des récits audios. 

Aucune cabane ne ressemble à une autre

Construire des cabanes avec des barriques, qui ne servent plus, ne veut pas dire produire à la chaîne. Ce n’est pas la philosophie de la maison. « Chaque barrique est unique, peinte et habillée différemment. Elle porte son vécu dans le noble bois de chêne massif qui la constitue et que l’on ne veut pas raboter à l’excès. Tout est fait de façon artisanale ».

Les tonneaux arrivent sales et odorants. Ils passent par l’atelier de menuiserie de l’Esat Château blanc à Toulouse où ils sont découpés, percés, assemblés afin que se dessine l’ossature de la cabane de l’entrée au cocon intérieur. Puis, Justine et Raphaël les nettoient au savon de Marseille, rincé à l’eau avec parcimonie. Vient la pause de la peinture, écologique et fabriquée en France.

« On prend le temps de sélectionner des produits de qualité non toxiques et des partenaires défenseurs d’une économie raisonnée », poursuit Justine. L’habillage des cabanes répond aux mêmes conditions. La lumière intérieure pour lire et le système pour écouter les formats audios ont été pensés pour le confort oculaire et auditif des plus jeunes.

Prévues à la location dans les crèches, médiathèques…

Les prototypes ont été testés au niveau de leur robustesse et de leur sécurité. Quelques modèles ont été présentés dans les salons événementiels et autres lieux culturels avant que la crise sanitaire ne vienne bousculer le calendrier de Justine et Raphaël. Ils ont recueilli un franc succès. « Cela nous encourage à nous tenir prêts pour la rentrée prochaine ».  Les cabanes seront proposées à la location aux médiathèques, crèches, musées… « Ce peut être d’autres lieux où il y a des enfants à divertir. Et on réfléchit à une formule pour les particuliers ».

Avec l’aide de la Région Occitanie, les deux concepteurs des magic-cocoons se sont équipés en matériels, ont rémunéré les travailleurs en situation de handicap de l’Esat Château Blanc, ont lancé leur site web, fabriqué leurs prototypes… « Les petites-filles de ma sœur en ont eu la primeur. Elles se précipitent à l’intérieur dès qu’elles rendent visite à leur grand-mère », sourit Justine. De sacrées veinardes que n’importe qui, même ceux qui ont passé l’âge, envie.

https://magic-cocoon.com/

Lauréat du budget participatif Economie circulaire en octobre 2019 pour un montant de 40 000 €.