Toulouse : des racines et des ailes
1. Assemblées par des étudiants de l’ISAE-Supaero, ces tables de pique-nique complètent l’aménagement du verger et de la micro-forêt, offrant un nouvel espace de détente et de travail à l’ombre des arbres.

2. Véritable mémoire du projet, un panneau retrace l’histoire du verger et de la micro-forêt tout en sensibilisant les visiteurs aux enjeux écologiques de cette plantation.
Sur le campus de l’ISAE-Supaero, une micro-forêt et un verger s’épanouissent. Plus qu’un espace vert, ils font grandir une aventure étudiante faite d’apprentissage, de transmission et d’engagement écologique.
Le projet a pris corps en mars 2025 quand cinquante étudiants ont planté 400 arbustes de 19 essences locales et 15 arbres fruitiers sur une prairie inutilisée. Aujourd’hui, les premiers résultats sont visibles : « selon l’association Arbres et Paysages d’Autan qui nous suit, le développement correspond à ce qui était attendu au bout de quatre ans » s’enthousiasme Dylan Le, président du club Supaero for Earth. Cette micro-forêt améliore le cadre de vie du campus toulousain de l’ISAE-Supaero, tout en favorisant la biodiversité et le stockage du carbone. De retour d’un an d’études en Suède, Loris Cousin, à l’origine de l’initiative, mesure l’appropriation de l’espace à un détail : « deux des trois tables ont été déplacées près des barbecues. C’était exactement notre intention en ne les fixant pas au sol. »
A l’école du concret
Intégralement piloté par le club, de la recherche de financements au premier coup de pelle, le projet aura été formateur à plus d’un titre. « Il a nécessité des compétences organisationnelles, logistiques, budgétaires, mais aussi relationnelles, notamment pour mobiliser les votants » résume Dylan. L’expérience a aussi nourri les trajectoires : « la dimension environnementale aura forcément une place dans mon parcours d’autant que nous sommes destinés à travailler dans des secteurs stratégiques pour la décarbonation » confie le futur ingénieur, en alternance chez Airbus. Suscitant l’intérêt au-delà du campus, le projet a même franchi l’Atlantique lors d’un webinaire organisé fin 2025 avec la Ville de Montréal. « Cet échange a permis de confronter nos approches et de conforter certains de nos choix », note Dylan, « comme réduire le nombre de plants au mètre carré tout en soignant la préparation du sol. »
Changer d’échelle
Depuis, Loris alimente régulièrement la fiche projet sur la plateforme du budget participatif de la Région Occitanie pour « donner de la visibilité au club et à la méthode des micro-forêts ». L’aventure se poursuit d’ailleurs grâce à un engagement qui se transmet d’une promotion à l’autre. « Nous trouvons toujours des volontaires lorsque nous lançons des appels à participation » se réjouit Dylan. Reste le défi du climat. « L’an dernier, la canicule nous a fait perdre un cerisier et les températures élevées sont revenues très tôt cette année », observe-t-il. La micro-forêt devient alors un indicateur du changement climatique autant qu’une solution d’adaptation. L’ambition : la rendre autonome et voir ces oasis se multiplier en zones urbaines. « Nous serions prêts à accompagner d’autres porteurs de projet et à diffuser cette démarche sur le territoire », affirme Dylan, qui évoque des échanges de bonnes pratiques avec d’autres associations universitaires. Même la tête dans les étoiles, les ingénieurs de Supaero gardent les pieds sur terre.
Lauréat du budget participatif « Vos solutions pour la vie étudiante » enoctobre 2024pour un montant de 14 500 €.