Tarn-et-Garonne : un podcast pour découvrir des agriculteurs d’Occitanie

La Région Occitanie, dans Alimentation, le 23 février 2026

Sophie Dias, 32 ans, ingénieure agronome de formation, a délaissé les salles de réunion pour arpenter la campagne avec un micro. Son podcast, Échos de Ferme, donne la parole à celles et ceux qu’on entend rarement, les agriculteurs et agricultrices. Rencontre avec une passionnée qui veut raconter l’agriculture autrement.



« L’Occitanie m’a toujours attirée, je ne sais pas pourquoi. Rien que le nom de cette région, ça me faisait rêver. » Originaire de Seine-et-Marne, Sophie Dias a emménagé dans le Tarn-et-Garonne il y a six ans, à la faveur du nouvel emploi de son conjoint. « Il ne voulait pas venir dans le sud mais quand il a eu une opportunité professionnelle à Montauban, il m’a dit : bon, au moins, ça va te faire plaisir ! »



Arrivée à 26 ans, elle trouve du travail dans une exploitation agricole. « Je voulais être dehors, avoir la tête à l’air libre.  » Pendant près de deux ans, elle est salariée co-gérante d’une ferme, avant de créer son projet, Échos de Ferme, un podcast qui met en valeur des agriculteurs. «  J’en avais assez d’entendre des raccourcis sur l’agriculture. J’avais envie de créer quelque chose pour aborder ce sujet en profondeur.  »



Rendre à l’agriculture ses lettres de noblesse


La jeune femme, issue d’une famille d’ouvriers d’origine portugaise, n’a pas grandi dans le milieu agricole. Ce domaine l’a pourtant happée dès ses études. « À la base, je voulais m’occuper de la protection de la faune sauvage et de la biodiversité. Et puis, j’ai fait mon premier stage dans une ferme : un gros coup de cœur.  »


Selon elle, l’agriculture est au centre d’une multitude de thématiques — géopolitique, climat, énergie, sociologie — mais on la connaît mal. « On mange trois fois par jour, ces cours devraient être dans les programmes généraux destinés à tous les jeunes, pas seulement dans les sections spécialisées ! »


En lançant son podcast Échos de Ferme en 2023, elle souhaitait montrer la diversité des visages et des pratiques. « Qu’ils soient en bio, en conventionnel, en agriculture de conservation des sols ou en permaculture, peu m’importe, ce sont les choix humains derrière qui m’intéressent. »



Se lancer en autodidacte


Pour débuter son podcast, Sophie se forme seule à l’art de l’interview et au montage, achète son matériel sur ses propres deniers, puis part à la rencontre d’agriculteurs du Tarn-et-Garonne. Pour trouver ses interlocuteurs, elle fait fonctionner son réseau ou bien y va au culot, les appelant directement. Elle essuie très peu de refus.


La saison 1 rencontre un succès certain, de grands médias s’y intéressent, et Sophie voit plus grand : « Pour la saison 2, je voulais changer d’échelle, aller au-delà de mon département, montrer toute la richesse de l’agriculture occitane. » C’est la raison pour laquelle elle candidate aux budgets participatifs de la région Occitanie, dont elle est lauréate en février 2024. « Ça m’a permis d’alléger le poids financier des déplacements. L’Occitanie, c’est grand !  »


Des agriculteurs passionnés


Pendant un an, Sophie sillonne la région : 12 départements, 12 épisodes, une mosaïque de réalités. Elle rencontre céréaliers, viticulteurs, éleveurs, ostréiculteurs… « Je veux montrer qu’il y a plusieurs manières de produire dans une même filière.  » Elle peut parler du Mercosur, de la détresse psychologique, du juste prix des produits… « À chaque fois, je crée une ambiance où les agriculteurs se sentent à l’aise. Au début, ils sont timides. Au bout d’un moment, ils se lâchent et parlent avec le cœur. C’est l’authenticité que je recherche.  »


Elle a retrouvé chez ceux et celles qu’elle a rencontrés une caractéristique commune : la passion du métier. Du côté des récriminations, sont unanimement cités, toutes filières confondues, les pesanteurs administratives, la réglementation et les normes, et le manque de reconnaissance.


Mais Sophie a été frappée par l’optimisme des agriculteurs, en dépit des difficultés. « Ils pourraient en avoir marre, mais non. Les plus âgés ont toujours confiance dans la transmission, les jeunes ont encore de l’espoir.  » Elle est admirative de leur capacité d’adaptation et d’innovation. « Dans les Pyrénées-Orientales, j’ai interviewé un arboriculteur qui a planté des clémentiniers pour anticiper le changement climatique. Sur l’étang de Thau, des ostréiculteurs cherchent des variétés résistantes à la hausse des températures. »



Un public varié et fidèle


La cible de Sophie, ce sont les consommateurs, donc le grand public. Mais elle constate que parmi ses auditeurs, il y a aussi « des étudiants en agro, des gens de la filière agricole qui veulent se reconnecter au terrain, et beaucoup d’agriculteurs, ce que je n’imaginais pas au départ.  » Une apicultrice d’Ariège a écouté tous les épisodes. «  Elle m’a dit : je suis apicultrice mais je n’y connais rien aux huîtres ou à l’élevage !  »

La saison 3 est prévue pour avril 2026. En attendant, Sophie Dias propose des épisodes « hors-saison  » avec des experts, pour prendre du recul. « L’idée, c’est de vulgariser sans faire de cours magistral. »





Site internet : https://echosdeferme.fr/


Réseaux sociaux :


Instagram : https://www.instagram.com/echosdeferme/


TikTok : https://www.tiktok.com/@echosdeferme?is_from_webapp=1&sender_device=pc


LinkedIn : https://www.linkedin.com/company/echosdeferme/?viewAsMember=true




Pour écouter le podcast :


Spotify : https://open.spotify.com/show/5hrDHIDcbkerdsuJfEc5ge?si=aec5cbf9d2144126


Deezer : https://link.deezer.com/s/32iLB84kUOLM3UMcFagIN


Apple Podcasts : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/%C3%A9chos-de-ferme/id1686960472


YouTube : www.youtube.com/@EchosdeFerme



Lauréat du budget participatif Ma solution pour le climat et l’alimentation en février 2024 pour un montant de 4000 €