Les voix de Traverse lance l’espace les petites oreilles d’espèces pour les enfants

La Région Occitanie, le 29 juin 2026

L’association Les Voix de Traverse a été créée il y a 12 ans à Toulouse, mais nous travaillons là où les sons nous portent, puisque nous faisons de la création sonore. Documentaires radiophoniques, ateliers, balades et autres objets sonores inclassables sont un moyen pour nous de valoriser des espaces, des savoirs et des voix (humaines ou non) tout en activant l’imaginaire des auditrices et auditeurs.


Depuis 2021, nous construisons Espace d’Espèces,  un projet documentaire et sonore sur les espèces sauvages qui vivent en ville, avec lesquelles on cohabite sans forcément y prêter attention et sans les connaître vraiment. On en croise pourtant certaines chaque jour, d’autres font partie de notre environnement sonore, mais leurs habitudes, leurs besoins et leur rôle écosystémique nous échappent bien souvent. On les observe peu, on ne se questionne pas beaucoup à leur sujet ; elles font partie du décor urbain. Avec la chute de la biodiversité, ça nous semblait important d’inviter à y prêter attention. Nous, c’est Aurélien Caillaux et Lucie Combes. Le premier est passionné d’ornithologie, du genre à suivre les étourneaux dans Toulouse, la seconde est curieuse de botanique, à guetter les tiges qui dépassent des trottoirs. Tous les deux on passait notre temps à nous demander : comment font ces espèces pour vivre dans un environnement où l’on cherche à les maitriser sans arrêt ? Comment sont-elles arrivées à conquérir le béton ? À se faire une place sur les toits ou les trottoirs ?


Et puis, il y a aussi l’imaginaire qui est véhiculé autour de certaines espèces, les préjugés liés à leurs caractéristiques biologiques ou aux milieux qu’elles habitent. Sales bêtes et mauvaises herbes. D’où ça vient ? Comment en est-on arrivé·es à classer ces espèces en désirables, indésirables ?


Ce sont ces questions et bien d’autres qui nous ont amené·es à nous lancer dans cet inventaire documentaire et sonore des sauvages des villes. On avait envie de leur tendre nos micros, d’aller à leur rencontre, partant du principe que plus on prête attention à nos voisins non-humains, mieux on les connaît, plus on est à même d’y faire attention. On voulait partager cette préoccupation avec le plus de monde possible et l’inscrire dans le concret, sur un territoire, en l’occurrence Toulouse. Dans les villes, la question de la biodiversité pouvait alors sembler une donnée abstraite, désincarnée, alors qu’il y a plein d’espèces autour de nous qui peuvent nous renseigner sur les changements à l’oeuvre. On entend les goélands toute la journée, parfois les faucons, mais c’est mêlé à plein d’autres sons qu’il faut savoir distinguer. Et puis, est-ce que vous avez déjà entendu le cri d’un écureuil ? C’est ça aussi qu’on voulait partager.


Chaque pastille sonore est construite en lien avec un espace où les espèces ont été observées et le sont peut-être encore, et on invite à aller les écouter sur place, casque aux oreilles, et partir à la rencontre des espèces. Si on nous a appris à quel cri fait l’écureuil, alors on saura le reconnaître quand on se baladera tranquille dans le jardin.


L’avantage du son, c’est qu’il permet de garder les yeux ouverts et attentifs au passage d’un oiseau ou aux feuilles d’une plante qui de gouttière. Il permet un type d’attention particulier, qui laisse place à la rêverie, à la balade et à l’observation. Dans Espace d’Espèce il y a un vrai travail de création sonore qui offre une immersion dans un univers poétique et sensoriel en même temps qu’on apprend des choses sur les espèces.


Espace d’Espèces 


Petites Oreilles est la première série conçue pour les enfants (à partir de 6 ans), il y a à ce jour 5 pastilles qui sont égrenées le long d’un parcours dans Toulouse qui, à pied et écoute comprise, dure 1h environ. Chacune d’elle dure maximum 5 minutes et propose une narration ludique qui s’attache plus particulièrement à défaire les préjugés, à apprendre à mieux regarder et connaître les besoins et les habitudes des espèces. Les enfants ont souvent encore la curiosité des espèces considérées comme peu dignes d’attention par les adultes, il s’agit donc d’alimenter cette curiosité, de donner envie d’aller plus loin dans la connaissance de ces espèces et des écosystèmes pour, on l’espère, développer des comportements plus conscients.


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Les mouches en général, on ne les trouve sales, notamment parce qu’elles trainent autour des poubelles et des cacas, pourtant elles sont fascinantes, elles ont des super pouvoirs et sont très utiles à nos écosystèmes. De la même manière, les écureuils ont leur petit succès, avec leur belle queue et leur tête trop mignonne, mais ils sont bien plus que des petites peluches qu’on photographie, ils ont leur rôle à jouer aussi (et leur queue n’est clairement pas un accessoire de mode, elle est multifonction !).