Dans les Pyrénées-Orientales, les citoyens font germer la ville de demain

La Région Occitanie, dans Alimentation, le 23 avril 2026

La pépinière citoyenne d’Elne alimente les jardins-forêts créés sur l’espace public. Porté par l’association Slow Food Pays Catalan, ce lieu est autant un outil de lien social qu’un laboratoire de résilience.

C’est un « terreau fertile » qui a poussé Claire Mauquié à s’installer à Elne il y a trois ans. Formée en météorologie, océanographie et physique de l’atmosphère, cette scientifique a compris tôt l’impact des modes de production alimentaire sur le climat. Après avoir créé des forêts comestibles à Taïwan puis à Cahors, elle a été séduite par le projet municipal de ville jardin. « Il portait une volonté forte de transition écologique qui résonnait avec mes valeurs », explique-t-elle. Au sein du collectif « Elne ville éponge et nourricière », elle promeut les jardins forêts : « des écosystèmes nourriciers en strates qui restaurent les sols et la biodiversité. » Et devient coordinatrice de l’association Slow Food Pays Catalan pour accompagner les habitants dans cette démarche.


La pépinière citoyenne fournit les plants destinéés aux jardin-forêts créés sur l’espace public d’Elne.fc846f310575755b9aa0a830c076f46d99748fca.png




Produire local pour planter durable



La dynamique est telle, que la ville compte désormais une dizaine de jardins gérés par les citoyens dont une forêt comestible de 4 000 m² conçue avec les écoliers. Mais face au coût des plants, l’idée d’une pépinière citoyenne s’impose et prend vie grâce au budget participatif de la Région Occitanie. «  Sans ce financement à 100 %, nous n’aurions jamais pu dimensionner le projet ainsi », estime Claire Mauquié. Le vote citoyen a, lui, apporté une légitimité démocratique « en validant l’expertise des habitants sur leur territoire. » Lancé en avril 2025 sur un terrain communal de 600 m², le chantier a mobilisé bénévoles, salariés d’entreprises et étudiants. Sont sortis de terre un cabanon, une treille et une serre de 90 m² automatisée et équipée de matériel optimisant chaque goutte.




Vers l’autonomie et l’essaimage



Bilan ? 120 participants, une quarantaine de jardiniers bénéficiaires de plants, une vingtaine de bénévoles qui sèment et bouturent, 400 enfants impliqués dans des projets pédagogiques. Claire Mauquié parle de «  fermentation sociale » : « Chaque personne agit comme un micro-organisme qui améliore la qualité de vie, en apportant des graines, en arrosant ou en observant. Au-delà du retour du vivant, le projet change notre regard vers une cité plus nourricière et résiliente et renforce les compétences. » Inaugurée en novembre dernier, la pépinière est devenue un pilier de l’autonomie locale. Prochaine étape : former les bénévoles avec l’appui de pépiniéristes locaux. «  Nous rêvons aussi de créer un atelier de transformation des productions » confie la coordinatrice. Dans un contexte plus incertain, l’enjeu est que les citoyens prennent le relais. « Produire ses végétaux permet de poursuivre l’élan sans dépendre de financements extérieurs.  » Le modèle essaime déjà : Gruissan ou Villelongue-de-la-Salanque scrutent cette expérience qui «  incarne une vision concrète de la ville de demain.  » La graine est plantée, et elle n’a pas fini de grandir.






Photo de couverture : pose de la bâche de la serre dans el cadre d’un chantier solidaire.



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Lauréat du budget participatif Ma solution pour le climat et l’alimentation en février 2024 (focus « Auprès de mon arbre ») pour un montant de 29 800 €.