Dans le Gard, le renouveau de la châtaigne cévenole

La Région Occitanie, dans Environnement Climat et Alimentation, le 23 janvier 2026

Dans les Cévennes, des castanéiculteurs se mobilisent pour relancer la culture du châtaignier et la consommation de la châtaigne. Regroupés au sein de l’association La Castagnette, ils sont déterminés à redonner ses lettres de noblesse au fruit de ce qu’on appelait autrefois « l’arbre à pain ».


À tout juste 30 ans, Alexis Marcotte, castanéiculteur et permaculteur, a un parcours singulier. Après son Tour de France à vélo de la permaculture et des éco-lieux effectué entre 2019 et 2021, il tombe amoureux des Cévennes, – « de ses paysages et de son environnement fantastique », s’enflamme-t-il – et pose ses valises à Arrigas, petit village du pays viganais. « J’ai vu l’abondance de châtaigniers qui n’étaient pas valorisés, j’ai vite compris que j’avais un rôle à jouer ici  ».


Alexis rejoint une coopérative qui possède deux hectares de châtaigniers laissés à l’abandon, qu’il gère désormais. Avec d’autres castanéiculteurs et castanéicultrices, il cofonde, en février 2023, l’association La Castagnette. Leur objectif ? Relancer l’économie de la châtaigne en Sud-Cévennes, une région où cette culture ancestrale a été progressivement délaissée. «  À un moment, il y a eu une rupture avec cette culture cévenole car cela rapportait davantage de couper les châtaigniers pour l’industrie que de récolter les fruits ».


Un fruit aux multiples vertus


Pourtant, historiquement, la châtaigne a protégé les Cévenols de la famine. « Pendant des siècles, elle était présente dans l’alimentation locale car elle a une forte valeur nutritive et qu’on peut en faire de la farine, d’où le nom d’arbre à pain. Aujourd’hui, nous voulons retrouver cette tradition, en la réintégrant dans notre alimentation de base ».


Alexis est intarissable sur l’intérêt de développer cette culture, pour nourrir les humains mais aussi pour la planète. « C’est une agriculture durable et respectueuse de l’environnement : on a des arbres en pleine santé qui captent du carbone, qui n’ont besoin ni d’engrais ni de pesticides et produisent chaque année des fruits en quantité. De plus, les châtaigneraies sont des nids de biodiversité ».


Le défi de la transformation


Le principal obstacle à la valorisation de la châtaigne ? Sa transformation. « Produire et ramasser les châtaignes, ce n’est pas compliqué. Le vrai défi, c’est de les transformer  », explique le trentenaire. La châtaigne a deux peaux, ce qui rend son épluchage fastidieux.  L’association a donc monté un projet pour faciliter cette transformation, projet sélectionné dans le cadre des budgets participatifs de la Région.


La Castagnette a rénové une clède, une petite maison traditionnelle où l’on faisait autrefois sécher les châtaignes pour les conserver. « C’est un savoir-faire ancien que nous voulons perpétuer ». Elle a aussi investi dans des machines modernes, une éplucheuse thermique et une brosseuse. « On a fait le choix de conserver les deux méthodes : la clède pour le séchage traditionnel, et un atelier équipé pour l’épluchage et le conditionnement en bocaux  ».


Un atelier ouvert à tous


Il existe peu d’ateliers de transformation dans les Cévennes et ils sont réservés aux producteurs. « Notre volonté, c’était que l’atelier soit accessible à tous, particuliers comme professionnels. Que les habitants qui ont deux ou trois châtaigniers chez eux, voire une petite parcelle de châtaigneraie, puissent venir transformer leurs châtaignes, même en petite quantité  ».


L’atelier, inauguré en octobre 2025 à Mandagout, est une première étape. «  Pour l’instant, on peut éplucher les châtaignes, mais nous souhaitons aussi aménager une salle blanche avec un autoclave pour les mettre sous vide et les conserver  ».  Il manque encore 20 000 euros pour financer l’autoclave et finaliser le projet.


Appel à la mobilisation


Une trentaine de particuliers et une dizaine de professionnels se sont pressés lors de l’ouverture de l’atelier. «  Ils repartaient avec leurs châtaignes épluchées en une demi-heure. Certains en font de la confiture, d’autres de la crème ou de la farine, on peut aussi les manger telles quelles à l’apéro ou en accompagnement d’une viande  ».


La Castagnette donne rendez-vous aux propriétaires de châtaigniers pour la prochaine saison de ramassage des châtaignes, en octobre-novembre. « Si vous voulez valoriser vos châtaignes, venez les transformer chez nous », lance Alexis Marcotte. « Si vous avez des châtaigneraies abandonnées, on est prêts à les remettre en valeur. Et si vous voulez investir dans ce projet qui a du sens, vous êtes les bienvenus ! »          


La Castagnette : https://www.helloasso.com/associations/la-castagnette  


Pour en savoir plus sur la châtaigne, le site du castanéiculteur président de l’association : https://www.nogales.fr/        


Lauréat du budget participatif Ma solution pour le climat et l’alimentation en février 2023 pour un montant de 11 400 €