Ce que j’ai découvert en rencontrant les lauréats des budgets participatifs
Sur la photo, de gauche à droite, Rachida Lucazeau conseillère régionale en charge des associations et de l’égalité des territoires, Dominique Dupouy de l’association des Jardiniers de Tournefeuille, et Mélanie Tisné-Versailles, conseillère régionale Déléguée à l’Agritourisme et à la Solidarité Alimentaire.
Je m’appelle Apolline, originaire de Toulon. Je poursuis à Toulouse mon Master Ingénierie de la transition des Territoires et suis en stage au Service participation engagement et éco-citoyenneté de la Région Occitanie.
Ce lundi 9 mars 2026, avec Virginie du service SPEEC, et deux élues de la Région, dont Mélanie Tisné-Versailles, conseillère Régionale Déléguée à l’Agritourisme et à la Solidarité Alimentaire. Nous partons au pas de course, direction les projets lauréats du budget participatif Vos solutions pour une alimentation durable.
Avant ce stage, les budgets participatifs restaient pour moi une notion théorique, abordée en cours. Je connaissais leur fonctionnement : une enveloppe, des projets proposés par les citoyens puis un vote. J’en connaissais les princes jusqu’à l’exemple de Porto Alègre. Mais tout cela restait abstrait.
Ce jour-là, mon regard a changé, en partant à la rencontre des projets lauréats, j’ai découvert l’envers du décor, bien plus riche que je ne pouvais l’imaginer.
13 h. Rendez-vous à Tournefeuille, dans une commune résidentielle marquée par la présence d’espaces verts, un jardin partagé rassemble près de 400 personnes.
Nous sommes accueillies par un couple chaleureux, accueillant et visiblement fier du projet.
Le projet – Autoproduction alimentaire, échanges et convivialité - vise à produire, transmettre et créer du lien. Ici, on cultive autant des légumes que des relations. Les savoirs circulent, les rencontres se multiplient, et le lieu devient un espace collectif à part entière.
Comme le souligne Mélanie Tisné-Versailles, « ces initiatives permettent d’articuler enjeux alimentaires et lien social, en apportant des réponses concrètes à l’échelle locale. »
Le budget participatif a ici joué un rôle d’appui, en permettant au projet de se structurer et de se développer. Pourtant, la visite reste encadrée. À distance, je perçois une réalité plus riche, que le contexte institutionnel ne me permet pas pleinement de saisir.
15h. rendez-vous à Toulouse, dans le quartier prioritaire de Négreneys, le café associatif que nous découvrons s’inscrit dans un tout autre environnement.
Nous sommes accueillies par deux femmes qui portent le projet, le ton change. Je suis marquée par leur engagement. En les écoutant je ressens une forme de fierté, celle de voir émerger des initiatives ancrées et portées par les habitantes elles-mêmes.
Ici, les enjeux sociaux sont plus marqués. Le lieu, porté par des habitantes, dépasse largement sa fonction initiale : il devient un espace culturel, un point de rencontre et un ancrage dans le quartier.
Le projet – La Passerelle des Transitions – évolue en permanence, intégrant de nouveaux usages, comme des activités liées à l’alimentation ou au jardinage. Il répond à des besoins concrets : se retrouver, créer, s’exprimer. Pour Mélanie Tisné-Versailles, « ces lieux hybrides illustrent la capacité de certaines initiatives à croiser plusieurs enjeux, sociaux, culturels et alimentaires, tout en restant fragiles dans leur modèle économique ».
17h rendez-vous à la Caissalim de Toulouse
En arrivant, nous découvrons une grande parcelle cultivée, ainsi que des serres. Rien n’est figé, il y a comme une effervescence, les idées germent autant que les plantes.
Au départ né à Montpellier et aujourd’hui expérimenté à Toulouse, et inspiré de la sécurité sociale de l’alimentation, ce projet vise à garantir un accès plus juste à une alimentation de qualité. Pour l’élue, « ce type d’initiative mérite une attention particulière ; à plus grande échelle, il pourrait transformer en profondeur notre manière d’organiser l’accès à l’alimentation ».
Dans ces trois projets, le budget participatif apparaît comme un levier : il permet de concrétiser des idées, de soutenir des dynamiques locales et de rendre visibles des initiatives citoyennes.
Cette journée m’a surtout permis de comprendre que derrière un dispositif apparemment simple se trouvent des réalités complexes, faites d’engagement, d’expérimentations et d’adaptations au contexte social et économique.
Entre accompagnement institutionnel et initiatives locales, le budget participatif révèle autant son potentiel que les questions qu’il soulève, dessinant les contours d’une démocratie participative encore en construction.